L'étendue de ces jardins est parcourue par un réseau de tunnels et allées couverts en saules tressés que le public peut parcourir. Un "backbone" ou une "autoroute", facilement empruntable par les adultes et PMR*, irrigue l’ensemble. Des trouées dans le tressage de saules constituent l'interface avec les cultures du jardin. Sortant la tête ou les bras, le visiteur établit un contact visuel, tactile ou olfactif avec les organes vivants du jardin. Des petits capillaires partent du "backbon
... Lire la suitee" : passages resserrés, chicanes, tunnels, culs de sac sont autant de voies ludiques dans ces canaux réservés aux enfants. Un autre parcours ludique nommé « Même pas peur », tunnel de branchage dans l’obscurité, peut devenir le décor d’un monde fantastique et étrange, peuplé de « spams », de « virus » maléfiques et enchantés. Ce jardin fait ressurgir nos frayeurs d’enfant, lorsque la peur était une source de plaisir et de jeux. Les arbres sculpturaux colorés introduisent le visiteur dans le monde invisible d’une nature dynamique. L’étrange glisse vers le familier, le familier glisse vers l’étrange.
L'ensemble du dispositif évoque divers réseaux indispensables à la vie :
- le réseau végétal sans cesse enrichi par l’eau ;
- le réseau des canaux des hortillons qui distribue l'eau aux parcelles cultivées et qui permet le déplacement des hommes, des outils et des produits maraichers ;
-le réseau touristique : les visiteurs du monde entier se déplacent en barque à travers ces canaux. Le guide leur transmet leur savoir sur l’histoire des hortillons.
-le réseau relationnel grâce au site internet www.hortillon.net.
« Le fruit est aveugle, c’est l’arbre qui voit » René Char
Bertrand Van Laere, sourd de naissance, étudiant en 3ème année d'architecture des Jardins et du Paysage à l'Université de Gembloux (ville Agrobiopôle Wallon, province de Namur, Belgique)