
Le projet trouve sa genèse dans la description du phénomène des plantes vagabondes par Gilles Clément : « Les plantes voyagent. Les herbes surtout. Elles se déplacent en silence à la façon des vents. On ne peut rien contre le vent. En moissonnant les nuages, on serait surpris de récolter d’impondérables semences mêlées de loess, poussières fertiles. Dans le ciel déjà se dessinent d’imprévisibles paysages.»
Dans un espace d’acclimatation installé sur le quai de l’Exil, des jeunes pousses de plantes médicinales sont préparées dans une longue serre agricole. Après en avoir choisi l’une d’elles «à l’aveuglette», le visiteur poursuit son parcours et pénètre dans un épais nuage, une fine brume née de la pulvérisation de la Garonne, sur la passerelle Viguerie. Au sortir de ce sentier vaporeux, un jardin collectif l’accueille afin de planter la jeune plante qu’il a transportée jusqu’ici.
Le lycée Agricole d’Auzeville a accepté de jouer le jeu et de s’associer au projet “Paysages en exil”. Déjà, en commençant par lire ou relire Gilles Clément… Ce célèbre ingénieur agronome, jardinier, paysagiste, botaniste et entomologiste dont les écrits ont inspiré ce projet. Puis en apportant avec leurs professeurs leurs connaissances : se documenter sur les plantes médicinales et leurs vertus, aider Raphaël Bétillon et Nicolas Dorval-Bory dans le choix des essences, qui doivent être adaptées au climat toulousain. Enfin en passant à la réalisation : faire les semis, les mettre sous serre, les arroser et les soigner jusqu’à ce qu’elles soient prêtes pour le 1er juillet.
Les élèves sont également présents pour activer cette installation pendant les quatre jours de la manifestation : expliquer au public la démarche, leur remettre leurs précieux paquets, les guider si nécessaire lors de la plantation dans le jardin collectif …
Raphaël Bétillon (1980) est un architecte diplômé de l’école d’architecture de Toulouse. Il s’intéresse, entre autres, au design, à l’art, au paysage et enseigne en Licence d’Arts Appliqués, Université Toulouse-le-Mirail.
Nicolas Dorval-Bory (1980), également architecte, a étudié dans les écoles d’architecture de Toulouse puis de Paris Val-de-Seine. Fasciné par l’art contemporain, la science et le paysage, il privilégie une approche climatique de l’architecture.