L’artiste, pour créer, observe le monde, étudie les matières et les lois scientifiques, joue avec la technique : l’œuvre d’art est une invention, une création unique de l’esprit, élaborée dans un laboratoire physique ou psychique, dans le cadre d’une recherche expérimentale, toujours en quête du nouveau, de l’inédit.
L’artiste se sert de la science dans la technique même de son invention artistique, mais parfois également dans le sens même de son œuvre, pour interroger le discours scientifique de son temps. Il se rapproche de l’inventeur dans son processus de création, comme en témoigne l’histoire de l’art, à travers de grandes figures d’inventeurs-artistes, tels que Léonard de Vinci ou Gustave Eiffel. Hommes de science, passionnés par les inventions, ils ont mêlé la science et l’art dans l’ensemble de leur œuvre. La frontière entre l’artiste et l’inventeur semble alors bien floue : quel inventeur n’est pas artiste, quel artiste ne serait pas inventeur ? L’artiste serait-il alors un inventeur comme les autres ?
Il s’agit de s’interroger sur la complémentarité des démarches d’invention et de création artistique, sur la place de la technique, des découvertes scientifiques dans le geste de création artistique, ainsi que sur la créativité qui sous-tend les grandes avancées technologiques. Ce débat s’attachera à examiner les rapports entre art et invention aujourd’hui, à se demander si l’état d’esprit des expositions universelles, dont les réalisations parfois monumentales, comme la Tour Eiffel et le Palais de Chaillot, témoignent d’une recherche commune entre art et invention, est encore à l’œuvre aujourd’hui.
Avec Raphaël Navarro (magicien de la compagnie 14 :20), Valentine Losseau (anthropologue), Mario Poirier (ingénieur travaillant sur le projet de la « Tour sans faim ») et Pierre-Alexandre Lesaignoux (fondateur de Kult Images).
Le débat sera animé par Caroline Colombe, étudiante en Master à Sciences Po (dans le cadre du partenariat pédagogique entre Imaginez maintenant et Sciences Po)