NEIL BELOUFA, KEMPINSKI (FILM 14 MN, FRANCE) Quelque part en Afrique, une nuit trouée par la lumière électrique. Face à la caméra, les habitants de ce lieu mystique et animiste nous racontent : « Aujourd’hui nous disposons d’un centre spatial. Nous mettrons bientôt des fusées ainsi qu’un certain nombre de satellites sur orbite qui nous permettront d’avoir beaucoup plus d’informations sur les autres stations et sur les autres astres. » Bienvenu à Kempiski est un documentaire d’anticipation. Les récits improvisés évoquent un futur parlé au présent ; s’y mêle à la fois stéréotypes exotiques, imaginaire technologique, surnaturel et réalité immédiate. Le tout monté au rythme lancinant d’une musique hypnotique.
Neil Beloufa est né en 1985. Il se forme aux Arts décoratifs et aux Beaux-Arts de Paris, avant d’intégrer en 2010 le studio du Fresnoy. Depuis 2007, il participe à des expositions collectives ou monographiques, ainsi qu’à de nombreux festivals aux Etats-Unis ou en Europe. Il est intégré aux collections du Centre Georges Pompidou à Paris et Sammlung Goetz à Munich. ;
AMELIE DERLON CORDINA, DISCIPLINE OU D’APRES DISCIPLINE
DE THROBBING GRISTLE (VIDEO 14MN 50, FRANCE) Ce film naît du groupe Throbbing gristle et de leur morceau Discipline filmé lors d’un concert au Kezar pavillon à San Francisco, en 1981, en période post punk. Il est une interprétation libre, en tout cas, de ce moment. En automne, dans un paysage sylvestre isolé, un cycliste enveloppé par cette nature, la traverse, la gravie et redescend, on le suit jusqu’à le perdre. C’est le partial et imparfait portrait d’un homme à vélo dont on ne sait pas où il va, ni d’où il vient. Sans futur ni passé, juste continuellement dans un présent, nous le prenons en cours de route, le suivrons, puis dans la descente nous le laisserons et lui nous sèmera. Le son est ici composition, recréant l’espace à partir de sons réarrangés, de silence, de bruits à la manière d’un doublage et de notes de musique Indus.
Amélie Derlon est née à Martigues le 10 décembre 1985. Après un cursus de cinq années à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille en atelier vidéo, elle est admise au post-diplôme de l’École Nationale des Beaux-Arts de Lyon en 2009. ;
PAULINE JULIER, NOE (FILM 22 MN, SUISSE) Le travail de Pauline Julier s’attache à des choix formels et des déplacements tactiques qui renvoient à la fois à certaines formes du cinéma post-documentaire et de l’art post-féministe. L’intensité de son œuvre tient à une forme ouverte et rigoureuse mélangeant la clarté à une pluralité des registres du discours et du filmage comme faits esthétiques et sociaux. Le film Noé oscille entre réalisme et fiction. Des hommes stockent des milliers de graines en plein milieu de l’Arctique en prévision d’un cataclysme peut-être ? Quel est ce lieu et comment faut-il le regarder ?
Née en 1981 à Genève, Pauline Julier est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble et de l’Ecole Nationale Supérieure de Photographie d’Arles. Elle a présenté plusieurs de ses pièces vidéos dans des expositions collectives et des festivals. Elle est présente cette année dans la sélection pour le concours d’Art fédéral suisse à Art Basel et collabore à de nombreux projets de recherches artistiques. Côté cinématographique elle entame cet été l’écriture d’un premier long-métrage de fiction. ;
LAURIE SANQUER, L’EPUISE (VIDEO 6 MN, FRANCE) Un acteur est seul dans un salon d’un autre temps. Il tient dans ses mains un scénario. Il s’active, mais à rien. Il tente des actions, sans fin. Il essaie un discours qu’il échoue par lui-même. Il épuise tous les possibles, sans envies, renonçant à tout besoin, et finissant par fumer une cigarette dans un canapé. Son refus lui fait perdre la lumière : au-dehors, un sombre nuage passe.
Après son DNSEP d’art, à l’École Régionale des Beaux Arts de Valence, Laurie Sanquer poursuit sa formation par une résidence post diplôme à l’École Nationale des Beaux Arts de Lyon en 2009/2010. Son travail est présenté par ailleurs lors d’expositions collectives et de projections vidéos. ;
MARGAUX VENDASSI, LUCAS (VIDEO ISSUE DE LA SERIE MARTIN MARTIN, 19 MN, FRANCE) En enregistrant le mouvement, le cinéma ou la vidéo produisent une inédite impression de réalité. Mais sur le support d’enregistrement, le mouvement n’existe pas. Lucas incarne cet impossible mouvement. A la frontière de la ville, derrière le port de commerce de Marseille, à la limite du voyage, ce personnage isolé boucle une seule action, dans un seul lieu. Il est filmé dans un seul mouvement de caméra, en un temps.
Jeune cinéaste, née à Marseille en 1985, Margaux Vendassi s’est formée à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Marseille. Elle présente ses créations à l’occasion de soirées événementielles et d’expositions. Elle réalise des films de fiction en autoproduction. Par ailleurs, elle collabore avec de jeunes artistes comme Tamara Vignati, Cyprien Parvex de Collombey, Yan St Onge et Anaïs Derderian, sur des projets filmiques, photographiques et sonores. ;
JOAO VLADIMIRO, JARDIM (DOCUMENTAIRE,70MN,PORTUGAL) 4 hectares de terrain : voilà les jardins qui encadrent la Fondation Calouste Gulbenkian de Lisbonne. Une année durant, la caméra de João Vladimiro suit les travaux du paysagiste Gonçalo Ribeiro Telles, lui-même engagé par la Fondation Calouste Gulbenkian. « Je sais que les arbres n’ont pas d’yeux, que l’eau n’a pas de bouche et les pierres, pas d’oreilles. Pourtant, nous communiquons. Dans ce jardin-ci se déroulent de longues conversations muettes, comme deux anciens qui, par leur simple présence, se parlent de calme, de confort et de tristesse », déclare le réalisateur, dont la caméra pose un oeil attentif et patient sur le moindre événement. ;
JAKUB VRBA, DAS IST SEHR GUT (C’EST TRES BIEN)(VIDEO, 4 MN, AUTRICHE) La nature n’est jamais kitsch, elle est simplement là. Le kitsch est dans l’oeil et la parole de l’observateur. Le film de Jakub Vrba Das ist sehr gut nous propose une réflexion sur le regard du spectateur devant le spectacle de la nature et sur la façon d’en parler.
Jakub Vrba est né en 1989 et vit actuellement entre Prague, Vienne et Lisbonne … ;
CHEN YANG, LA BELLE JOURNEE (VIDEO, 7 MN, CHINE - FRANCE) Nous sommes en Chine. En avant-plan, occupant presque toute l’image, un aquarium est rempli de petits poissons
frétillants. A l’arrière-plan, plusieurs bâtiments détruits. Des sucres tombent un à un dans l’eau, voués à disparaître. Les ouvriers travaillent au rythme d’une musique doucereuse qui annonce les belles journées de printemps. Ce film, en métaphore, parle du peuple chinois, de sa mémoire, du pouvoir en place et du temps à venir : vie nouvelle ou douleur exquise ? Chen Yang travaille autour de la question de la disparition, de l’absence et du manque, à la base de ses recherches. S’appuyant toujours sur la distance fictive entre ce qui est filmé et la réalité, il tente de prendre conscience du temps et de partager cette prise de conscience avec les autres en communiquant simultanément la souffrance humaine.
Après des études à l’Ecole Normale Supérieure de Shaan’xi (Chine) en 2001, et quelques années d’enseignement comme professeur d’art dans un lycée à Pékin, Chen Yang vient en France en 2007 pour se former à l’Ecole Supérieure d’Art de Limoges. Il est diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Lyon en 2009.