Dans ma démarche plastique, Je questionne une mise en confrontation où le
corps est envisagé au delà des critères esthétiques. Je ne l'appréhende pas
socialisé mais déconditionné. Précisément, ce dernier est montré uniquement
dans une présentation physique au monde. Déchargé de toute essence
symbolique liant corps et âme, il est exploité en tant que matière organique et
texture placardée, modelée ou plutôt sculptée par la lumière.
Ma pratique fait état d'un process
... Lire la suiteus de mise en crise de la perception du
corps par une action chimique qui altère, défait, décompose, et, détruit l'image
pour conduire à une perte du sujet. Cette image expose un corps en marge et
crée une sorte de reflet dérangeant mettant à jour des pièces qui surgissent
d’un fond infini et indéfini qui ne permet pas de territorialiser le corps. Toutefois,
même si ce dernier reste singulier il tend vers l’universel.
Il parait évident pour moi que si l'appareil photographique est un réceptacle
sacré traversé par des raies de lumière, mais aussi un révélateur des mystères de
l'existence... il participe à la rédemption de ce corps qui dépossédé, se voit
contraint d'arborer une apparence confectionnée de toute pièce. j'utilise la
photographie argentique comme empreinte et non plus comme témoignage d'un
état. A cet instant, le corps devient une suggestion et non plus un reflet
narcissique ou interrogateur. Il devient une évocation du caché et de l'exhibé.
Mes images sont des «archéologies mentales», elles relèvent donc de la
trace et sont des métaphores du corps physique sous forme biologique elles se
voient transfigurées et exhibées dans une superposition qui réinvente un corps au
service d'une réalité imaginaire et lyrique.
Ce sont des phases, des quêtes, des cristallisations, voire, des représentations
. Je les nomme ainsi car elles sont émergences mais également
strates d'un vécu et d'une histoire ancrée qui détermine un système et un mode
de fonctionnement sociétaire.
Se focaliser sur la forme humaine en la dépossédant idéologiquement,
c'est toucher aux profondeurs de mon imagination. Ce qui est abject ou
rejeté a le pouvoir de faire reculer les frontières du corps car en tant que
témoin il nous montre la limite de notre condition , et, en provoquant la
perte symbolique de notre moi, nous donne les moyens de nous recréer,
de nous retrouver.Aucune recommandation pour l'instant.